Parlons finances, c’est la saison

economie 06 avril 2021

Comme chaque année, la Municipalité consacre les premiers jours du printemps aux questions budgétaires. La démarche commence avec l’approbation des comptes de l’année écoulée et se termine avec le vote du budget de l’année en cours. Entre les deux – cette année, c’était le 23 mars 2021 – a lieu le débat d’orientations budgétaires qui permet de faire le point sur la situation et de débattre de l’avenir. D’où vient-on et où allons-nous ? Telles sont les questions qui ont été abordées dans leur dimension financière.

D’où vient-on ?

Pour ne rebuter personne, nous ne rentrerons pas dans la technique financière naturellement complexe, ni dans le détail des chiffres dont la surabondance pourrait apporter plus de confusion que de clarté. Voyons simplement, point par point mais dans ses grandes lignes, comment se présente la situation financière à la sortie de cette année exceptionnelle de crise sanitaire.

Où en sommes-nous en matière de fiscalité ?
  • Avec la suppression programmée de la taxe d’habitation, les impôts locaux sont allégés. Depuis 2020, 80% des foyers sont exonérés totalement de taxe d’habitation. En 2021, les 20% restants, qui sont ceux qui ont les revenus les plus élevés, vont être exonérés du tiers de leur taxe d’habitation, puis encore exonérés d’un tiers en 2022 et en 2023 ils seront exonérés en totalité. Au final en 2023, plus personne ne paiera de taxe d’habitation. Cette suppression aura pour conséquence une augmentation du pouvoir d’achat.
  • La ville de Monteux reste la moins imposée du département dans la strate des villes de 10 000 à 20 000 habitants, ainsi que le montre la comparaison des impôts payés par les habitants des différentes villes (chiffres du Ministère des finances 2019) :
Quel est le résultat financier de l’exercice 2020 ?
  • Comme chacun sait, l’année écoulée a été fortement impactée par la crise sanitaire ; les finances municipales n’ont pas été épargnées. A ce sujet, il est à noter des dépenses supplémentaires (masques, gel, désinfection, frais de personnel, aides diverses…) et des pertes de recettes (services réduits, droits de place, parking…). En compensation, l’Etat a apporté sa contribution de soutien pour faire face à la crise, la solidarité des citoyens et des associations a joué de manière très significative et spontanée… Au final, la ville de Monteux termine l’année avec un excédent global de 1 720 978 euros, à reporter sur l’année suivante.
La ville est-elle endettée ?
  • Oui, c’est même un signe de bonne gestion, à condition bien sûr que l’endettement soit raisonnablement contenu. Comme les autres communes, Monteux a une dette contractée pour financer ses équipements publics. L’encours de celleci est de 965 € par habitant, à comparer à la moyenne des autres communes de la même strate du département qui est supérieure de 23%.
  • En fait, ce qui compte ce n’est pas l’encours de la dette, car suivant qu’on soit riche ou pauvre, la dette ne pèse pas de la même manière. Ce qui compte, c’est la capacité à rembourser celleci. A Monteux, les annuités de remboursement représentent 9% des recettes de la ville. (A titre de comparaison : pour les ménages, les banques considèrent que le seuil d’alerte de l’endettement est de 30% des revenus.). L’endettement de Monteux est raisonnable.

En résumé, les temps sont durs mais la situation financière de la ville est saine.

Le mot d’Annie Millet, adjointe au Maire déléguée aux finances et au personnel :

“Je souhaite, au nom de l’équipe municipale de la majorité, remercier encore une fois les associations qui ont refusé leur subvention en 2020, et toutes les personnes qui ont fait un don au CCAS pour soutenir les Montiliens qui en avaient le plus besoin lors de la crise sanitaire. Les services municipaux, agents et chefs de service, sont restés mobilisés pour faire face au caractère inédit et impressionnant de cette crise : je les ai vus donner le meilleur d’eux-mêmes et les remercie encore. La gestion saine des deniers publics lors des années précédentes nous a permis d’affronter un peu plus sereinement l’épidémie et l’imprévu. Nous continuerons d’œuvrer, avec les Montiliens, pour que Monteux reste une ville belle, responsable, sûre, et surtout, solidaire.”

Où va-t-on ?
Une certitude : on ne connait pas l’avenir ! Il faut donc faire des hypothèses pour 2021. Voici celles qui ont été retenues :
  • L’effet COVID va se prolonger jusqu’à la fin de l’année 2021. Tant mieux si on a tort, et si on sort plus tôt de la crise, mais on joue la prudence.
  • Pour anticiper les difficultés à venir qui ne sont pas exclues, il faut continuer à réduire drastiquement les coûts de gestion.
  • On ne programme pas les grandes festivités pour l’instant. Si les contraintes sanitaires s’allègent, tant mieux, alors on avisera. Prudence donc !
Mais en même temps, il est de notre devoir de contribuer activement à la relance de la France
  • Il faut donc s’en donner les moyens budgétaires avec un programme d’investissement substantiel.
  • Les collectivités sont à l’origine de 70 % de la commande publique ; si elles ne contribuent pas à la relance, qui le fera ?
  • Les investissements publics à programmer seront prioritairement ceux qui vont générer des recettes ou permettre de réaliser des économies, notamment des économies d’énergie qui ont un double intérêt : à la fois financier et écologique ; la transition écologique étant un enjeu majeur pour préparer l’avenir.
Enfin, ne ratons pas les occasions présentes qui ne se perpétueront pas, profitons pleinement des aides mises en œuvre par l’Etat pour la relance :
  • Le contrat de projet EtatRégion, dit contrat d’avenir.
  • Les mesures diverses et variées du plan de relance, proprement dit.
  • Le dispositif Petites villes de demain puisque Monteux a été éligible pour ce label ainsi que 1000 autres petites villes de France (entre 3 500 et 20 000 habitants) considérées comme « porteuses d’avenir ».
  • Les prêts spécifiques à très long terme de la Banque des territoires, etc.

En conclusion : Prudence, courage et audace !

Après ce débat sur les orientations budgétaires, c’est le 13 avril prochain que le Conseil Municipal votera son budget pour l’année 2021 à venir.