Hommage public Pierre Margaillan
Ce matin, ses collègues élus, sa famille, ses amis, les Montiliennes et Montiliens qui l'ont côtoyé, se sont réunis sur le parvis de l’Hôtel de Ville pour rendre hommage à Pierre Margaillan, 1er adjoint au Maire de 1995 à 2014.
Un moment simple, et à son image, pour saluer la mémoire d’un homme qui a marqué toutes celles et ceux qui l'ont connu.
Retrouvez ci dessous l'allocution de Christian Gros, Maire :
Thérèse, Isabelle, Thibault, Charline ! C’est à toi Thérèse son épouse, toi Isabelle sa fille, toi Thibaut son petit-fils dont il était si fier, et toi Charline son arrière-petite-fille qu’il adorait, que je m’adresse en premier parce que c’est vous qui savez le mieux l’émotion qui est la mienne,
l’amitié qui nous liait Pierrot et moi, nous étions comme des frères. Soyez certains que nous tous qui sommes rassemblés ici ce matin, nous partageons votre peine et nous sommes de tout cœur avec vous.
Mesdames et Messieurs les élus, anciens et actuels, sénateurs, conseillers régionaux, conseillers départementaux, maires, adjoints et conseillers municipaux, chers collègues
Mesdames et Messieurs, qui avez travaillé ou qui avez partagé des activités, de près ou de loin avec Pierre Margaillan, ou encore qui, tout simplement, le comptiez parmi vos amis,
Monsieur le président et la délégation des anciens combattants, cher Bernard qui a fait longtemps partie de nos équipes
Lieutenant Christophe Maximin et la délégation des sapeurs pompiers de Monteux
Lauriane Dalmais cheffe de la police municipale et son équipe
Je vous remercie toutes et tous de votre présence. Merci d’être là pour honorer le grand serviteur qu’a été Pierre Margaillan pour Monteux, pour notre intercommunalité des Sorgues du Comtat et plus largement pour notre territoire.
J’ai tenu à lui rendre cet hommage public parce qu’il le mérite pleinement. Il le mérite d’autant plus que foncièrement c’était un modeste. Il n’était pas homme à chercher les honneurs. Pierre était un homme engagé, entier, républicain dans l’âme, profondément attaché à l’intérêt général et à Monteux.
Pierre Margaillan fait partie de mes compagnons de route de toujours. Nous avons été élus ensemble en 1989. Il a d’abord été simple conseiller municipal, mais dès l’année suivante il s’est retrouvé adjoint aux travaux. Ensuite de 1995 à 2014, durant 3 mandats, il a été mon premier adjoint.
Dans une mairie, le 1er adjoint au maire est un personnage-clé, il incarne la république à l’œuvre dans la vraie vie de la proximité. Il est le 1er suppléant en cas d’absence ou décès du maire, il est en relation constante avec lui, il partage ses valeurs et ses objectifs. Loyauté et confiance mutuelle sont la règle entre eux.
Pierre a été pour moi un précieux 1er adjoint, il m’a aidé à faire face à toutes les difficultés, à ne jamais capituler, à affronter les crises, à rester fort pour préparer l’avenir. Croyez-moi, nos mandats n’ont pas été un long fleuve tranquille.
Pierre a été mon plus proche collaborateur au cœur de tous les grands chantiers qu’avec mes équipes successives nous avons menés à bien lors de nos 4 premiers mandats.
Je ne peux pas tout citer, mais je pense naturellement à la salle de la Vannerie, la construction de la salle des fêtes du château d’eau, la suppression des préfabriqués dans les cours d’école, la création de l’école Marcel Pagnol et du groupe scolaire Lucie Aubrac, l’aménagement de toutes nos zones d’activités économiques. L’acquisition des friches pyrotechniques sur lesquelles la ville s’est développée : Bellerive, Breynat, Bertier, Fabre, le Pérussier, les Confines.
Il a aussi beaucoup œuvré dans l’église et pour l’orgue qui lui fera un clin d’œil musical tout à l’heure, lors de l’office religieux qui va être célébré par le Père Sébastien Montagard son voisin du quartier de Beauregard.
Je pense également aux aménagements de la ville, à la suppression de la bascule et de la halle du Marché, je pense à la migration sur le Tour de ville des commerces disséminés dans le centre ancien et à la création de la Traversée des Arts.
C’est encore lui qui nous a poussé à acheter l’ancien hangar d’expédition sur la route d’Avignon, pour y installer la caserne des pompiers et le siège de notre interco.
Je veux évoquer également son expertise toute particulère pour les cours d’eau et la gestion des inondations, celles de 1992 et celles qui ont suivi. Quand tout le monde était à l’abri, nous, lui et moi, on était sur le terrain, de nuit comme de jour, avec nos propres équipes et engins et avec les pompiers. Je nous revois en barque à 4h du matin pour venir au secours des habitants près du Pont Saint Albergaty Il était grand connaisseur des cours d’eau. Ce n’est pas un hasard s’il a été élu président du syndicat EPAGE du Bassin Sud Ouest du Mont Ventoux de 2008 à 2014 et s’il a été longtemps délégué au syndicat des Sorgues et au Syndicat Rhône Ventoux pour l’eau potable et l’assainissement.
Et puis bien sûr il y a Beaulieu, le plus grand chantier !
C’est lui qui a eu l’idée du choix du site pour y développer un projet touristique autour d’un lac artificiel, c’est lui qui a été visionnaire, et c’est avec lui qu’on a acheté les terrains en rencontrant directement les propriétaires, les uns après les autres. 5 ans de négociations, parcelle après parcelle, un vrai travail de fourmi, qu’on concluait avec humour : « après ça, on a arrêté le pastis ! » disions-nous.
Ensuite, après les acquisitions, il a participé étroitement à la conception du projet et à toutes les démarches pour obtenir les autorisations administratives et mettre en place les financements.
Beaulieu, c’était son bébé ! Ces dernières années, il allait s’y promener tous les matins avec son chien. Je n’ai pas eu de peine à décider le conseil municipal de donner son nom à la plus poétique des allées piétonnes du quartier : l’allée Pierre Margaillan, en bordure du lac avec son petit pont auxquels les amoureux ont commencé à accrocher des cadenas.
Je n’ai pas fini, il y a un autre grand sujet dans lequel il a apporté une vision claire, avisée et ses éclairages d’homme de la terre, c’est celui de l’intercommunalité.
Dès le début, il a été un farouche partisan de ne pas se laisser absorber ni par le Grand Avignon, ni par la CoVe. Son grand principe, c’était : « charbonnier, maitre chez lui » ! Voilà pourquoi nous avons créé notre propre communauté de communes des Sorgues du Comtat, aujourd’hui communauté d’agglomération, une agglo qui pèse économiquement dans le Vaucluse au même titre que les agglos d’Avignon, de Carpentras et de Cavaillon ;
Pierre Margaillan était un paysan !
Un vrai de vrai, un homme de la terre avec un solide bon sens qui lui permettait, s’il en était besoin, de tenir tête à des ingénieurs un peu trop sûrs de leur science et pas assez ancrés dans la réalité du terrain. Je me suis beaucoup amusé à l’occasion, à le voir dialoguer, lui le paysan, le terrien avec certains diplômés comme il l’aurait fait avec des extraterrestres.
En 2012, Pierre Margaillan a reçu la médaille du mérite agricole, en même temps que notre collègue Evelyne Espenon
Sous ses dehors bourrus et de dur à cuire, Pierre – Pierrot comme on l’appelait – avait une grande finesse d’analyse qu’il exprimait dans le langage simple qui était le sien. Il avait l’intelligence pratique, l’intellgence des choses et des situations, un sens politique aigü dans bien des domaines.
Lui, Pierre Margaillan, contrairement à d’autres dont on dit qu’ils n’en ont pas, eh bien lui, il en avait … de la lumière à tous les étages.
Je ne compte plus les repas, les discussions, les décisions, les résolutions de conflit que nous avons eues chez lui, dans sa ferme de Beauregard, autour d’une assiette et d’un bon verre. On en plaisante souvent avec Thérèse son épouse, on se dit que « si les murs avaient des oreiles, ils auraient bien des choses à raconter sur la vie à Monteux, sur les grands et sur les petits problèmes. »
Et voilà, Pierrot, mon frère de cœur, maintenant tu es parti, et comme tu n’as jamais eu peur des difficultés, tu es parti en passant par l’enfer, l’enfer de la maladie, enfer pour toi, enfer pour Thérèse et ta petite famille. Rien ne vous a été épargné. Finalement ton départ est une délivrance !
Tu n’es plus là, et nous, ta famille et tes amis, nous n’avons plus que des souvenirs ; mais ces souvenirs-là nous ne les oublierons pas, ils font partie de nous et régulièrement, ils remontent à la surface de notre conscience et nous font chaud au coeur.
Quand je dis nous, c’est nous ! c’est nous tous, chacun de nous. Ta modestie dût-elle en souffrir, sache que beaucoup se retrouvent dans ce que je dis.
Oui Pierrot, tu as marqué beaucoup de gens qui t’ont connu, ils ont été touchés par ton authenticité, ta force naturelle, et tout à la fois ta rudesse et ta bienveillance.
Repose en paix Pierrot, tu as bien vécu, en homme d’honneur,
Merci Pierrot, merci pour l’exemple que tu nous laisses.
Merci aux anciens combattants et porte-drapeaux, aux agents de la police municipale, aux sapeurs pompiers et à toutes les personnes présentes pour ce dernier hommage à Pierre Margaillan.
