Quel avenir pour les rythmes scolaires ?

scolaire, enfance/jeunesse 06 mars 2018

En 2013, Vincent Peillon mettait en œuvre la réforme initiée par Luc Chatel, car bien que de sensibilités politiques différentes, ils s’accordaient tous deux à penser que pour favoriser la réussite scolaire il fallait réduire la fatigue des enfants en allongeant le nombre de jours d’enseignement tout en en réduisant la durée. Ainsi est née la semaine de 4 jours et demi en remplacement de la semaine de 4 jours.

A son arrivée au gouvernement, le nouveau ministre de l’Education Nationale Jean-Michel Blanquer a décidé d’accorder des dérogations à cette réforme. S’il était avéré que cette réforme était mauvaise – ce qu’aucune étude n’a jamais révélé – il l’aurait annulée purement et simplement, mais là non, il permet seulement aux communes qui le souhaitent de revenir à la semaine des 4 jours.

 

Comment se pose le problème ?

Les arguments des partisans du retour à la semaine de 4 jours sont : le coût financier important pour les communes dans un contexte de réduction drastique des dotations de l’Etat, la fatigue des enfants, l’organisation des familles, l’augmentation du nombre de jours de travail des enseignants…
A cela, les partisans du maintien de la réforme répondent : l’essentiel c’est l’intérêt de l’enfant. La fatigue des enfants a bien d’autres raisons que la semaine de 4 jours et demi car c’est précisément ce même argument qui a servi à justifier le passage de 4 jours à 4 jours et demi. Les vraies raisons sont ailleurs, notamment dans l’organisation familiale, le manque de sommeil, le temps passé devant des écrans (télévision ou tablette ou jeux vidéo), le non-respect des rythmes biologiques de l’enfant et les ruptures de rythme par manque de régularité.
Personne ne met en cause la qualité des activités périscolaires proposées, ni le bénéfice que les enfants en retirent, ni le fait que les premiers à être pénalisés par leur suppression seraient les enfants dont les familles ne pourraient pas leur offrir la possibilité de les pratiquer gratuitement comme c’est le cas aujourd’hui.

Comment décider ?

Un peu partout en France, les passions se déchainent, alors qu’il s’agit de raisonner et de faire le meilleur choix pour l’enfant. Le débat est sain, il est important que les points de vue soient confrontés avec de vrais arguments.
Cette question sera donc débattue en commission extramunicipale de la vie scolaire qui regroupe les représentants des différentes composantes : élus municipaux, directrices d’écoles, parents d’élève, animateurs…
La réunion aura lieu le 22 mars prochain et le compte-rendu en sera publié avec les différents arguments évoqués.
Si l’on ne parvient pas à un accord, la question sera posée aux parents car en dernier ressort c'est de l’intérêt de leurs enfants qu'il s'agit.
In fine, au vu de ces avis, c’est le conseil municipal qui décidera de demander ou non une dérogation pour revenir à la semaine des 4 jours.

    • Permettre à l’enfant d’exprimer et de développer sa créativité, dans un cadre ludique et serein, en respectant notamment les rythmes biologiques de l’enfant et son processus de développement.
    • Permettre à tous les enfants d’accéder aux loisirs proposés par la ville en assurant la gratuité des activités périscolaires et en les informant de leur existence.
    • Développer et valoriser les compétences sociales des enfants en leur permettant de s’impliquer dans les actions citoyennes, artistiques, sportives. Et pour cela, s’appuyer sur leur savoir, savoir-être, savoir-faire. Enfin, la sensibilisation et l'implication des enfants aux actions citoyennes seront également recherchées dans les activités périscolaires conduites par les différents intervenants

    • Des activités artistiques, culturelles, sportives
    • Des activités liées au respect de l’autre, à la découverte de la citoyenneté et à l’ouverture au monde
    • Des activités favorisant l’estime de soi, le bien-être et le développement de la personne : sieste pour les petits, relaxation, contes, jeux de société pour tous
    • Un accompagnement à la scolarité en vue de l’autonomie de l’élève, variable selon l’âge et le niveau de l’enfant, et lui permettant de comprendre le sens de ses apprentissages

    • Un taux de fréquentation des activités périscolaires globalement stable entre 60 et 65% contre 20% avant la mise en œuvre de la réforme
    • Un nombre d'activités proposées important ayant permis une réelle découverte
    • Des familles majoritairement satisfaites du dispositif mis en œuvre

    Ce bilan a permis en outre d’améliorer le dispositif sur différents points et a mis l’accent sur la nécessité de traiter à part le cas des classes maternelles.